Cannabis: quand le THC s’invite dans les sodas …

Hé bien ça y est, le cannabis “grand public” existe désormais en canettes, comme la bière, le Schweppes ou le Redbull. C’est bien sûr en Californie, où le principe est autorisé. Mais tous les industriels du tabac et de l’alcool sont sur les rangs …

En France, on s’ouvre timidement sur le cannabiniol, ce composant “soft” du cannabis qui, sans l’effet psychotrope du THC, possède quelques effets antalgiques. Pour tout dire des effets insuffisants, le cannabiniol n’exprimant son efficacité antalgique que s’il est accompagné de son frangin le THC.

Mais partout dans le monde, des pays admettent désormais l’usage du cannabis “plante” (le totum de la plante), ou bien des préparations qui incluent une bonne dose de THC, dans tout un cortège d’applications médicales, qui vont de la douleur aux nausées, vomissements (cancers), aux glaucomes, à l’asthme, aux scléroses en plaque, voire au sevrage de l’alcool…

Et dans ces pays, on a donc d’un coté l’usage médical, et d’autre part un usage récréatif assez répandu, mais surtout dans les milieux festifs, jeunes, décalés.

Et c’est là que Big Drink a flairé le bon plan: ce n’est pas très pratique ni très social de s’allumer un pétard en pleine rue ou lors d’une réunion professionnelle.

Or le cannabis, on peut l’introduire dans des boissons passe partout, comme ce bon vieux Schweppes, comme la bière, ou comme le nouveau venu, ce RedBull qui casse la baraque …

Big Drink est en émoi, Big Drink va sortir tout son savoir faire.

Et le premier à dégainer, est un producteur californien, Blue Ribbon. Le nouveau soda est sans alcool, mais il contient 5 mg de THC, ou tétrahydrocannabinol, ainsi que de l’eau purifiée, du concentré de citron, du sucre et d’autres arômes. Il est maintenant vendu dans des dispensaires de cannabis, au coût de 24 $ pour un paquet de quatre. On est donc six fois plus cher que le Redbull, trois fois plus cher que les bières “augmentées”, mais on rejoint le prix du joint à fumer. Et surtout on reste dans le “socialement correct” avec un contenant banalisé, qui ne fait plus peur. Ce soda est également vendu en ligne, avec une livraison possible à Los Angeles, Sacramento, la région de la baie et le comté de Humboldt.

La clientèle visée est celle des «canna-curieux», des gens qui pourraient avoir une certaine expérience de la marijuana, mais qui ne sont pas des utilisateurs fréquents. Maintenant, on leur propose du cannabis dans un format qui ne nécessite pas de fumer, de vapoter ou de manger.

Ces produits contenant des quantités de THC assez faibles, allant de 2,5 mg à 10 mg, ont encouragé certains consommateurs à essayer la substance. Souvent, ceux-ci espèrent en ressentir les effets sans déclencher certains des aspects négatifs de l’alcool, tels que ses calories plus élevées et sa tendance à punir les trop gourmands avec une déshydratation et une gueule de bois.

Ce marché des boissons au THC devrait atteindre des milliards de dollars. Mais pour l’instant, le secteur est assez petit. Les boissons au THC ne représentaient qu’environ 1% de toutes les ventes légales de cannabis en 2019 – totalisant environ 64 millions de dollars, dit. Ces chiffres reflètent la Californie, le Colorado, Washington, l’Oregon et le Nevada – cinq États où le cannabis est légal depuis assez longtemps pour que Nielsen compile une année de données.

Source NPR

Effervesciences n°103, spécial cannabis

Une réflexion sur « Cannabis: quand le THC s’invite dans les sodas … »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *