Le déjeuner, ce repas quotidien fondamental.

S’il ne fallait garder qu’un seul repas quotidien, ce serai sûrement celui du midi, qui survient précisément au pic de nos besoins énergétiques. Dommage, c’est désormais un repas sacrifié, au bénéfice du soir où les nutriments sans utilité immédiate vont forcément s’accumuler en “tissus de réserves”, autrement dit en gras …

Le copieux diner devant la télé… une hérésie diététique ….

On connait tous le vieil adage “mangez comme un roi au petit déjeuner, comme un prince à midi, et comme un pauvre le soir”… Cette recommandation était adaptée pour une civilisation agraire et proto-industrielle, pour des populations se levant tôt le matin, se nourrissant au foyer, et se couchant tôt pour justement être en forme dès 5 h du matin … Chacun des repas, même les plus frugaux, étaient effectués en famille ou en groupes, à horaires réguliers, avec des ingrédients de saison directement issus de l’environnement proche.

Voilà tout ce qu’on a perdu …

Car la vie professionnelle a pris le pas sur le contexte familial, et les horaires de transport ont fait décaler les “fenêtres” des repas. Le grignotage s’est imposé tout au long de la journée, le repas de midi est devenu quasiment une nuisance, une perte de temps dans un calendrier où chaque seconde compte…

Au boulot! Pas le temps d’un vrai repas …

Ce qui fait que même en cas de travail confiné à la maison, les “travailleurs” ne profitent d’aucun répit à midi, sollicités autant par leur entreprise que par les horaires des clients ou des fournisseurs.

Et puis les modèles des repas sont complètement chamboulés. Là où la “ménagère”, femme au foyer, préparait des repas sains avec un minimum de constituants, la cuisine industrielle s’est imposée, avec ses surplus énergétiques, ses ingrédients totalement étrangers à notre physiologie métabolique. Mais qui permet de gagner du temps… pour mieux s’affaler devant la télévision …

Du coup, le repas du soir est devenu une impasse métabolique, à un moment où l’organisme au repos n’est pas demandeur, et où tout apport énergétique est mis soit au rebut (un beau gâchis), soit mis en réserve sous forme de graisse, dans les tissus conjonctifs, puis plus insidieusement dans le foie…

Certains scientifiques trouvent quelques justifications à pousser le repas du soir: un article du Washington Post de 2015 fait référence à une étude sur les rythmes circadiens pouvant causer des pics de faim et des envies d’aliments sucrés, salés et féculents plus tard dans la nuit, ainsi que la suggestion que cela pourrait être dû à l’évolution: il était autrefois efficace pour les humains de manger tard à nuit afin de stocker l’énergie sous forme de graisse et de glycogène pour le lendemain. Il y a aussi le facteur hormonal: le cortisol et l’adrénaline chutent à midi, donc si nous travaillons tard le soir ou la nuit, nous recherchons un coup de pouce de la nourriture.

En tout état de cause, un trop gros repas du soir est nuisible. En dehors des accumulations métaboliques, il est générateur de reflux dû à la station couchée dans le lit ou le canapé . Un estomac plein provoque beaucoup d’acide, ce qui entraîne des troubles du sommeil et des brûlures, voire des ulcères oesophagiens.

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