Action des plantes amères sur nos pathologies cutanées (2).

Article 2: Etat des lieux, comment la phytothérapie “traditionnelle” prend en charge les pathologies cutanées.

Les humains ont depuis des siècles sélectionné des plantes (parfois des toxiques…) aux effets apaisants ou curatifs, en particulier pour des problèmes de peau . Très sujets aux parasites et aux infections ils se sont soignés et ont constitué une science, la phytothérapie, cataloguée “empirique” et snobée par la médecine moderne. Et pourtant !

crédit image Alptekin. Remerciements.

La médecine actuelle fait peu de cas de la phytothérapie pour soigner les dermatoses inflammatoires ou proliférantes. Les traitements prescrits reposent sur des molécules de synthèse qui trouvent souvent leurs limites (corticoïdes) ou bien dont le coût ne permet pas une utilisation pour tous.

L’état des lieux: les plantes de la phytothérapie traditionnelle

Plusieurs plantes à saveur amère sont traditionnellement utilisées en lotions, pommades ou autres préparations locales pour traiter diverses maladies de peau. Voici les principales plantes identifiées dans la littérature récente et leur mode d’utilisation :

La bardane, tout au long de nos chemins …

Bardane (Arctium lappa)
● Partie utilisée : racine
● Propriétés : dépurative, diurétique, sudorifique,
anti-inflammatoire, antimicrobienne
● Indications : éruptions cutanées suintantes (acné,
eczéma, furonculoses, psoriasis, infections
pilo-sébacées)
● Usage : en application locale sous forme de
lotions ou pommades, ou en décoction pour laver les zones atteintes.


Pensée sauvage (Viola tricolor)
● Partie utilisée : plante entière
● Propriétés : mucilages, acide salicylique,
flavonoïdes ; soulage les démangeaisons et
diminue les rougeurs
● Indications : dermatoses sèches de type eczéma,
démangeaisons, rougeurs
● Usage : en application locale sous forme de
cataplasmes ou lotions.

Fumeterre (Fumaria officinalis)
● Partie utilisée : plante entière
● Propriétés : acide fumarique, dépurative,
anti-inflammatoire
● Indications : eczéma, psoriasis
● Usage : en lotion ou cataplasme, parfois intégrée à
des préparations pour application cutanée.
Saponaire (Saponaria officinalis)
● Partie utilisée : racine
● Propriétés : saponosides, nettoyante, dépurative
● Indications : problèmes de peau, eczéma,
psoriasis
● Usage : ajoutée à des lotions ou shampoings pour
les affections cutanées.

Armoise annuelle (Artemisia annua)
● Partie utilisée : plante entière
● Propriétés : anti-inflammatoire, cicatrisante
● Indications : soins cicatrisants, vergetures,
inflammations cutanées
● Usage : en pommade, appliquée localement sur
les zones à traiter.

La Gentiane, notamment la gentiane jaune (Gentiana lutea),

est reconnue depuis longtemps en phytothérapie et en
cosmétique pour ses vertus bénéfiques sur la peau. Son usage dermatologique repose sur plusieurs propriétés principales, validées par des études et la tradition médicale.
● Anti-inflammatoire : L’extrait de gentiane réduit l’inflammation cutanée, atténue les lésions, la rugosité et les croûtes, et limite l’hyperkératose et l’hyperplasie (épaississement et prolifération cellulaire de la peau). Cela est attribué à l’inhibition de la production de cytokines pro-inflammatoires (comme TNF-α, IFN-γ, IL-6, MCP-1).
● Antioxydant : Grâce à ses flavonoïdes et iridoïdes (notamment le gentiopicroside), la gentiane neutralise les radicaux libres, protège les cellules cutanées du stress oxydatif et ralentit le vieillissement cutané.
● Antibactérien : Elle a démontré une efficacité contre certaines bactéries responsables d’infections cutanées, comme Streptococcus pyogenes.
● Cicatrisant et régénérant : La gentiane favorise la résorption des cicatrices, stimule la régénération cellulaire et améliore la réparation de la barrière cutanée.
● Drainant et décongestionnant : Elle aide à réduire les œdèmes (gonflements) et les rougeurs, notamment autour des yeux, en stimulant la microcirculation et la lymphangiogenèse.

Les bienfaits de la gentianes sont dans ses racines (photo Gentianale.com, remerciements)

Autres plantes amères ou dépuratives utilisées localement


Ortie (Urtica dioica) : régule le sébum, réduit l’acné et l’eczéma, utilisée en lotion ou cataplasme.
Consoude (Symphytum officinalis) : cicatrisante, anti-inflammatoire, utilisée en pommade ou cataplasme.
Calendula (Souci officinal, Calendula officinalis) : apaisant, anti-inflammatoire, utilisé en macérât huileux, crème ou lotion pour eczéma et irritations.
Reine des prés (Filipendula ulmaria). Les sommités fleuries sont anti-inflammatoires (véritable “aspirine végétale”) par voie générale, les racines sont astringentes et vulnéraires (soignent les plaies), mais aussi détersives.
Ces plantes sous diverses formulations (feuilles, fleurs, racines) et présentations galéniques (pommades, lotions, etc), sont utilisées selon des savoirs ancestraux, constatés et confirmés au cours des siècles. Mais sans trop savoir précisément quelles molécules sont à l’ouvrage, et sur quelles capacités de l’organisme malade elles agissent.

Et pourtant, elles sont réellement efficaces, et pour la plupart, c’est leur amertume qui fait leur efficacité. Explication ? A vous de lire le prochain article...

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admin1402

Vétérinaire à Toulouse, je gère bénévolement ce blog suite à l'arrêt de parution du journal "paper" Effervesciences" survenue durant la crise covid. Désormais, les infos sont en ligne, gratuietement.