Les membranes cellulaires, une information génétique ignorée.

Entre l’hérédité génétique (ADN) et les transmissions d’épigénétique, on avait oublié un autre acteur de transfert d’une cellule mère à une cellule fille: le système membranaire externe (membrane cellulaire) et externe (réticulum, vésicules, etc).

Où se trouve l’information génétique qui engendre la membrane et ses fonctions biologiques, notamment son asymétrie ? Certes, l’hérédité classique par l’ADN code les protéines ou les enzymes fabriquant les phospholipides… mais où est « codée » l’asymétrie ou, le point de départ de la synthèse d’une membrane ? Nulle part : les cellules ne néo-forment jamais de membrane ex nihilo ; elles accroissent la taille d’une membrane préexistante en rajoutant des constituants des membranes, dans le réticulum endoplasmique eucaryote ou la membrane plasmique… et l’asymétrie préexistante entretient l’asymétrie compositionnelle ! Oui, c’est la membrane elle-même qui comporte les informations requises pour son assemblage et son asymétrie… Les ensembles membranaires peuvent se fragmenter, lors de la division cellulaire ou encore, chez les eucaryotes, au gré de processus d’endoou d’exocytose. À bien y songer, toutes les membranes d’un humain adulte (sauf celle des mitochondries, voir ci-dessous) proviennent de l’élongation et de la réorganisation de la membrane plasmique de l’ovocyte… Merci Maman !

La membrane plasmique fait donc partie de ce qu’une cellule hérite de sa cellule-mère ; elle est une forme d’information génétique, transmise verticalement, au sens où elle permet de mettre en place des structures et des fonctions. Le lecteur habitué à l’ADN a une vision de l’hérédité dissociée en deux acteurs : la molécule héréditaire, l’ADN, diffère des molécules qui réalisent les structures et les fonctions, dont la première permet la synthèse (via l’ARN et les protéines). Dans le cas des membranes, celles-ci sont à la fois le support de l’hérédité et celui des rôles structuraux ou fonctionnels. Autre différence : l’hérédité membranaire, à l’inverse de celle liée à l’ADN, ne se manipule guère expérimentalement.

Il existe toutefois une exception anecdotique chez les paramécies : ces unicellulaires sont couverts de cils qui battent de l’avant vers l’arrière et déplacent ainsi la cellule. Ces cils, de courts flagelles modifiés, sont composés d’éléments cytosquelettiques (tubuline et actine) en interaction avec la membrane qui les surmonte.

Lire l’article complet (Medecine/sciences) de Marc André Selosse.    

Fervent lecteur de cet érudit (les tanins, les sols, l’évolution avec l’âge…), je découvre qu’il est également un découvreur en biologie cellulaire. C’est lui qui m’a ouvert les yeux sur l’importance des substances amères, que j’ai développé dans ce blog . Merci à lui.

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admin1402

Vétérinaire à Toulouse, je gère bénévolement ce blog suite à l'arrêt de parution du journal "paper" Effervesciences" survenue durant la crise covid. Désormais, les infos sont en ligne, gratuietement.