On s’en doutait dès les premiers mois de l’après Covid, mais c’était encore peu documenté, et puis ça faisait partie des comploteries … Mais pourtant oui, il y a un mimétisme très fâcheux entre les antigènes spike, etcertaines protéines testiculaires … et tout antocorps antispike devient un poison de fertilité.

Le mimétisme moléculaire est un phénomène bien documenté en immunologie. Il repose sur des ressemblances structurales entre certaines protéines d’agents infectieux et des protéines de l’organisme. Ces similarités peuvent induire des réactions immunitaires croisées : les anticorps produits pour neutraliser le pathogène reconnaissent aussi, par erreur, des protéines du soi, pouvant perturber le fonctionnement du système immunitaire et favoriser des réactions inflammatoires et l’apparition de maladies auto-immunes.
Dans le cadre de la pandémie de COVID-19, plusieurs travaux ont mis en évidence des dérégulations immunitaires persistantes après l’infection par le SARS-CoV-2 (COVID long). Pour explorer systématiquement ce phénomène, les scientifiques ont entrepris une analyse bioinformatique à grande échelle visant à identifier d’éventuelles similitudes de séquences entre les protéines du SARS-CoV-2 et des protéines humaines.
Des anticorps induits qui peuvent perturber la spermatogénèse
Ces recherches in silico publiés dans la revue Journal of Autoimmunity ont révélé que certaines régions de la protéine Spike du virus SARS-CoV-2 présentaient des séquences identiques à celles de protéines humaines exprimées dans des tissus très spécifiques. De manière inattendue, plusieurs de ces protéines sont impliquées dans la spermatogenèse, le processus biologique permettant la production des spermatozoïdes. Ces similitudes les ont conduits à émettre l’hypothèse que certains anticorps produits lors de l’infection pourraient, par mimétisme moléculaire, reconnaître des protéines exprimées dans les tissus reproducteurs.
Sur la base de ces analyses, plusieurs peptides ont été sélectionnés et testés avec des sérums de patients atteints de COVID-19 aiguë ou long, ainsi que de personnes vaccinées non infectées. Les résultats montrent que certains peptides sont spécifiquement reconnus par des anticorps présents chez les patients infectés, alors qu’ils sont bien absents chez les sujets vaccinés. L’un de ces peptides contient une séquence commune avec TSSK1, une protéine exprimée spécifiquement dans les testicules et indispensable à la spermatogenèse.
Afin d’évaluer les conséquences biologiques potentielles de cette réactivité croisée, une étude in vivo a été menée sur des souris. Des souris mâles adultes en parfaite santé ont reçu des anticorps purifiés dirigés contre ce peptide. Ces mâles ont ensuite été accouplés avec des femelles saines et fertiles. Ce modèle expérimental permet d’étudier spécifiquement les effets des anticorps présents chez le mâle sur la fertilité et le déroulement de la gestation, sans exposer directement les femelles aux anticorps. Les résultats montrent que la fréquence des grossesses normales diminue significativement lorsque les mâles ont reçu ces anticorps. Dans de nombreux cas, on observe une infertilité ou un retard dans la mise bas.
Ces données apportent une preuve expérimentale originale montrant que des anticorps induits par mimétisme moléculaire peuvent avoir des effets délétères sur la reproduction, au moins dans un modèle murin. Elles suggèrent que, chez l’humain, une réponse immunitaire déclenchée par l’infection par le SARS-CoV-2 pourrait, dans certains cas, interférer avec des fonctions reproductives essentielles. Cette étude ouvre ainsi de nouvelles perspectives de recherche sur les conséquences immunologiques à long terme de la COVID-19 et souligne l’importance d’évaluer les effets différés des infections virales sur la fertilité.
En savoir plus : Talamini L, Verdot C, Shoenfeld Y, Muller S. Pathophysiological effects of long COVID-19 (auto)antibodies on fertility. J Autoimmun. 2025 Dec 24;158:103518. doi: 10.1016/j.jaut.2025.103518
