Comment accompagner le vieillissement avec les plantes amères. (2)

Le vieillissement ? Arrêtons de le considérer comme une fatalité, mais plutôt comme un problème à résoudre … Une série de quatre articles pour mieux en comprendre le processus, les différentes phases, et comment on peut le ralentir selon la personne et l’environnement. 

Second article:  évolution du microbiote au cours du vieillissement.

Le microbiote intestinal. Mais il y a aussi les microbiotes buccaux, vaginaux, bronchiques , cutanés, etc …

Le microbiote au fil de la vie: un partenaire invisible

Notre corps héberge des milliards de microorganismes. Ils vivent dans l’intestin, la bouche, la peau, les voies respiratoires et l’appareil génital. L’ensemble de ces communautés forme le microbiote.

Le microbiote intestinal participe à la digestion, transforme certaines molécules, produit des métabolites et dialogue avec le système immunitaire. Il communique également avec d’autres organes, notamment le foie, les muscles et le cerveau.

Il ne faut pas le réduire à une opposition entre bactéries « bonnes » et « mauvaises ». Le microbiote est un écosystème dynamique. Ses microorganismes coopèrent, se concurrencent et évoluent avec l’âge, l’alimentation, les médicaments et l’environnement.

Le microbiote se construit dès les premiers moments de la vie. Il est influencé par la grossesse, la naissance, l’allaitement et la diversification alimentaire. Il évolue ensuite pendant l’enfance, la puberté et l’âge adulte. Chez certaines personnes âgées, il devient moins diversifié ou moins résilient.

De la naissance à l’enfance

L’environnement maternel influence les conditions dans lesquelles le microbiote de l’enfant va se construire. La santé de la mère, son alimentation, ses traitements et son état immunitaire participent à cette influence.

La naissance est le premier contact direct avec le monde microbien. Le mode d’accouchement influence les microorganismes rencontrés au début de la vie, mais cette différence initiale évolue rapidement sous l’effet de l’environnement et de l’alimentation.

Le lait maternel contient des anticorps, des facteurs de croissance et des oligosaccharides qui nourrissent certaines bactéries intestinales. Il participe ainsi à la maturation de la muqueuse et de l’immunité.

La diversification alimentaire apporte de nouveaux substrats au microbiote. Les fibres, notamment, sont transformées par certaines bactéries en acides gras à chaîne courte. Ces molécules participent au maintien de l’intestin et à la régulation des défenses.

Pendant l’enfance, le microbiote et le système immunitaire mûrissent ensemble. Les antibiotiques peuvent être nécessaires, mais leur utilisation répétée peut perturber temporairement cet écosystème.

Puberté, hormones et âge adulte

La puberté modifie le microbiote cutané et intestinal par l’intermédiaire des hormones, de l’alimentation, du sommeil et de la composition corporelle.

Mise en charge du microbiote au cours de la croissance

Chez la femme, le cycle menstruel influence les muqueuses, l’immunité et le microbiote vaginal. Les œstrogènes favorisent généralement un environnement vaginal plus acide, notamment par leur influence sur le glycogène et certaines bactéries.

La grossesse modifie également le microbiote intestinal et vaginal. La ménopause entraîne à son tour une transformation hormonale susceptible de modifier les équilibres microbiens.

À l’âge adulte, le microbiote intestinal devient relativement stable sans être immobile. Il peut résister à certaines perturbations et retrouver partiellement son état antérieur.

L’alimentation, l’activité physique, le sommeil et les médicaments influencent cette stabilité. Les végétaux, les légumineuses, les céréales complètes, les noix et les graines fournissent des fibres utilisables par les microorganismes.

L’activité physique semble favorable à un microbiote plus fonctionnel. Le sommeil participe au maintien des rythmes biologiques. Les antibiotiques, mais aussi plusieurs autres traitements, peuvent modifier l’écosystème intestinal.

Vieillissement et fragilité

Avec l’âge, la diversité du microbiote peut diminuer. Certaines bactéries productrices d’acides gras à chaîne courte deviennent parfois moins abondantes, tandis que des microorganismes associés à un profil inflammatoire peuvent prendre davantage de place.

Cette évolution n’est pas inévitable. Certaines personnes âgées conservent une bonne diversité microbienne. Les principaux facteurs de fragilisation sont la dénutrition, la monotonie alimentaire, la sédentarité, les problèmes dentaires, la polymédication, les maladies chroniques et les hospitalisations.

le marché des seniors n’a pas échappé aux labos …

Le microbiote peut alors participer à un cercle vicieux. La maladie réduit l’appétit et l’activité. L’alimentation devient moins variée, le microbiote se modifie et peut produire moins de métabolites favorables. L’inflammation et la fatigue réduisent ensuite davantage la mobilité.

La perte musculaire, ou sarcopénie, dépend de nombreux facteurs. Le microbiote peut y contribuer par ses métabolites, son influence sur l’absorption et sa relation avec l’immunité, mais il n’en est pas l’unique cause.

Le vieillissement s’accompagne souvent d’une inflammation chronique de faible intensité. Le microbiote peut participer à ce phénomène lorsque la barrière intestinale devient plus fragile.

Immunité, cerveau et métabolisme

Le microbiote est en contact permanent avec le système immunitaire. Il participe à l’équilibre entre tolérance et défense.

Les acides gras à chaîne courte produits par la fermentation des fibres peuvent contribuer au maintien de la barrière intestinale et à la régulation de certaines réponses immunitaires.

Le microbiote transforme aussi les acides biliaires, les polyphénols, les acides aminés et certaines molécules étrangères. Il agit donc comme un laboratoire biologique qui modifie une partie de ce que nous mangeons.

L’intestin et le cerveau communiquent par le nerf vague, les hormones, l’immunité et les métabolites microbiens. Le stress et le sommeil influencent en retour l’environnement intestinal.

Ces relations sont prometteuses, mais elles ne permettent pas encore d’affirmer qu’une bactérie particulière provoque directement une maladie neurologique ou une émotion. Les études sont difficiles à interpréter, car l’alimentation, l’activité, les médicaments et l’état général interviennent en même temps.

Une alimentation de type méditerranéen, riche en végétaux, fibres, légumineuses, huile d’olive, noix et poisson, a été associée à des modifications du microbiote et à certains marqueurs de moindre fragilité chez des personnes âgées. Elle ne constitue cependant pas un traitement unique, et les bénéfices proviennent probablement de l’ensemble du mode de vie.

Conseils pour le préserver

Préserver son microbiote ne signifie pas rechercher un microbiote parfait. Il faut surtout créer des conditions favorables à un écosystème diversifié et adaptable.

Il est utile de varier progressivement les sources de fibres et de consommer régulièrement des végétaux. Chez les personnes âgées, cette augmentation doit être adaptée à la tolérance digestive et accompagnée d’une hydratation suffisante, lorsque celle-ci est possible.

Un apport protéique suffisant est indispensable au maintien des muscles et de l’immunité. En cas de dénutrition, de maladie rénale, de troubles de la déglutition ou de perte d’appétit, un conseil médical ou diététique est nécessaire.

La marche, les exercices d’équilibre et le renforcement musculaire peuvent être adaptés aux capacités de chacun. Le sommeil, la santé bucco-dentaire et les relations sociales comptent également.

Les probiotiques, les prébiotiques et les aliments fermentés peuvent être intéressants dans certaines situations. Leurs effets dépendent toutefois des souches et des indications. Aucun complément ne doit être présenté comme une solution universelle.

Enfin, il ne faut jamais interrompre un traitement indispensable par crainte de perturber le microbiote. En revanche, une réévaluation régulière de la polymédication peut être utile, surtout chez la personne âgée.

À retenir

  • Le microbiote se construit dès la naissance et évolue toute la vie.
  • Il participe à la digestion, à l’immunité et au métabolisme.
  • L’alimentatio influence fortement sa composition et ses fonctions.
  • Les fibres nourrissent certaines bactéries intestinales.
  • L’activité physique et le sommeil contribuent à sa stabilité.
  • Les hormones modifient les microbiotes, notamment chez la femme.
  • La diversité microbienne peut diminuer avec l’âge.
  • La dénutrition et la sédentarité favorisent sa fragilisation.
  • Le microbiote participe à l’inflammation, mais n’en est pas l’unique cause.
  • Il existe un dialogue entre intestin, muscle, immunité et cerveau.
  • Une alimentation variée est plus utile qu’un complément isolé.
  • Préserver le microbiote signifie surtout préserver un mode de vie équilibré.


 1 – article précédent:  le yin, le yang et le vieillissement.

2 – évolution du microbiote au cours du vieillissement.

Prochains articles (actuellement en préparation)

3 – les plantes amères et leurs actions sur le vieiliissement, plantes par plante, organe par organe.

3 – A vous de vous prendre en main … L’amérologie, une nouvelle branche de la phytothérapie, plus ciblée, plus efficace

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admin1402

Vétérinaire à Toulouse, je gère bénévolement ce blog suite à l'arrêt de parution du journal "paper" Effervesciences" survenue durant la crise covid. Désormais, les infos sont en ligne, gratuietement.