Le fer, indispensable mais encombrant constituant du sang…

Sans revenir aux vénérables saignées, il est bon de réguler le taux du fer dans un organisme. D’ailleurs, les donneurs de sang réguliers s’en trouvent très bien. Alors que des accros aux compléments alimentaires se retrouvent souvent en excès… faisons le point.

Il y a un mythe médical depuis des millénaires, celui du rajeunissement d’un adulte par la prise de chair (très vieille méthode) ou la transfusion de sang d’un jeune organisme.

On se souvient des expérience de Paul Bert, puis celles de Clive MacKay, par partage de sang entre des souris âgées et jeunes (parabiose): effectivement, les souris âgées (survivantes) se portaient mieux, alors que les jeunes accusaient le coup … selon des critères scientifiques difficiles à expliciter.

Cela a donné des idées pour lancer certaines initiatives déclarées (aux USA, Ambrosia, qui a été fermée suite à une enquête de la FDA) ou opaques dans le secret de cliniques mexicaines ou helvétiques?

Les recherches sur le sang jeune sont toujours en cours, mais de nouvelles études jettent un doute sur ce qui expliquerait ce rajeunissement. En particulier, y aurait-il , plutôt que des facteurs de jouvence chez les jeunes, des facteurs de vieillesse chez les individus âgés ? Chez les souris, on obtient d’aussi bons résultats par une saignée et une perfusion de sérum salé … Cela suggère que ce qui compte vraiment n’est pas ce qu’on ajoute, mais plutôt ce qu’on enlève du sang…

Ainsi, le sang des “vieux” contiendrait de facteurs de vieillissement qu’on pourrait purger.

Cette constatation est particulièrement intéressante parce qu’on dispose d’une expérience comparable chez l’homme: le don du sang.

Selon une étude danoise, les donneurs de sang vivent plus longtemps que les autres, un effet qui persiste même en partant du principe qu’au départ, ils sont en meilleure santé. Mieux, cet effet se renforce d’autant plus que le donneur donne de son sang.

A lire impérativement dans ce blog:

les bonnes vieilles saignées de Molière (article réservé aux abonnés).

D’où proviendrait cet avantage du don du sang. Il faut alors évoquer l’hormèse (ou hormésis), que nous avons détaillé dans un précédent article: perdre un demi-litre de sang est un facteur de stress pour l’organisme, qui réveille dans la moelle la production de cellules souches qui pourront jouer un rôle régénérateur pour le sang lui-même, mais aussi (cellules souches totipotentes) pour de nombreux tissus.

Mais il y a également le facteur “fer”. En perdant 500 ml de sang, on se sépare d’une bonne dose d’hémoglobine, donc de fer coincé dans l’hème moléculaire. Perdre ce fer, c’est forcer l’organisme à en récupérer la même quantité, dans l’ensemble des tissus où justement leur présence est néfaste en impliquant la formation de radicaux libres, donc une inflammation chronique et “vieillissante”.

On connait par ailleurs des pathologies génétiques, comme l’hémochromatose, qui ne se soignent que par des saignées répétées pour purger l’organisme de son surcroît de fer.

Et il est bien certain que des jeûnes répétés font baisser le taux de fer, en même temps que la détoxication globale de l’organisme.

Mais il y a une autre possibilité qui expliquerait la corrélation fer/longévité: les micro-organismes aiment le fer, qui est comme un engrais pour la croissance des bactéries. La différence entre une infection bénigne et une maladie grave, peut reposer sur la capacité d’une bactérie de se fournir en fer. C’est ce qu’on a remarqué en Afique sur des enfants mal nourris qu’on a supplémenté en fer … la croissance et les capacités cognitives sont améliorées, mais ces enfants sont alors plus sujets au paludisme ou à des affections bactériennes.

Et notre organisme a été éduqué pour cela: en cas d’infection, détectée par notre système immunitaire, l’organisme augmente immédiatement sa production de ferritine, une protéine qui permet le stockage du fer, lequel devient indisponible pour les bactéries … Demême en cas d’infection, nous produisons l’hepcidine, une autre protéine qui bloque l’absorption du fer contenu dans les aliments.

Source: Pourquoi les méduses ne vieillissent pas ? Par Nickals Brenborg, un biologiste danois qui fait là un tour d’horizon sur tous les secrets de la longévité dans la Nature, dont nous pouvons nous inspirer.