Douze cantiques pour une médecine quantique #1

Pour décortiquer les savoirs actuels sur la physique quantique et ses applications en médecine, nous voilà partis pour une douzaine d’articles à paraître sur deux mois, certains en libre lecture, d’autres réservés aux abonné(e)s.

La physique quantique introduit une logique trinaire: on échappe au rigoureux “vrai ou faux” pour voir apparaître le “possible”.

En deçà (et au delà …) du monde matériel et mesurable, base de notre biologie moléculaire, les physiciens appréhendent un monde vibratoire chargé d’énergie et d’informations, qui justement refuse d’être mesuré, sous peine de se transformer aussitôt en substance matérielle figée sous le nez de l’observateur.

Un peu comme si l’eau d’un nuage ou d’un torrent se transformait en glace chaque fois qu’on veut l’étudier … Et pourtant elle vole, et pourtant elle coule !

Toutes ces avancées désormais glanées par les physiciens, doivent d’urgence être intégrées à la biologie et à la médecine, afin d’en contourner les pesanteurs et les blocages actuels.

La “médecine quantique” est devenue une tarte à la crême qui attire lecteurs et curieux, dans laquelle on peut glisser bien des ingrédients gentiment ésotériques, doctement théologiques ou bien purement mercantiles. C’est facile, puisque actuellement tout le monde s’y perd …

D’où cette série d’articles qui se veut repère indépendant de nos connaissances et des interprétations qui s’y rattachent.

Premier article: erreurs et contraintes de la méthode scientifique conventionnelle.

Les grands noms qui balisent l’épopée scientifique “classique” sont Galilée, qui le premier a montré que la Nature peut  être décrite par des propriétés mesurables, ce qui permet de définir mathématiquement des lois permettant  la prédiction ou la reproduction des phénomènes étudiés.

Puis Bacon élargit le champ de cette méthode descriptive, en considérant la Nature comme une mécanique qu’on doit décomposer pour l’étudier et la connaître.

Ce qui fait alors le lit des travaux de Descartes, qui reconnaît à la Nature un substrat matériel, mesurable et objectif (res extensa), auquel est adjoint un substrat qui relève de l’esprit, qui lui est qualitatif et subjectif (res cogitans). A travers sa phrase “Je pense, donc je suis,” Descartes indiquait déjà qu’une immense partie cachée de la Nature était déterminante. Mais n’étant pas mesurable, on préfère la laisser aux philosophes et aux théologiens …

Enfin Newton, chercheur actif derrière ses fourneaux d’alchimiste, combine l’expérimentation avec l’analyse mathématique, ce qui deviendra la méthode scientifique classique.

Cette méthode, codifiée par les grands physiologistes du XIXème siècle, est toujours d’actualité, et gare à qui se risque d’en déborder le dogme ou le limites!

Cette méthode repose sur un petit nombre de principes fondamentaux, des axiomes.

Donc par définition, des présupposés indémontrables qui représentent la base de tous les raisonnements ultérieurs.

Comme le fait remarquer le Dr Maier (Les trois visages de la vie), “ces principes ne sont jamais exprimés tels quels, mais restent sous-entendus dans le discours scientifique” (et aussi scientiflic, NDLR).

1- le principe matérialiste (ou positiviste).

La matière est reconnue comme base essentielle de tout ce qui existe. Cette matière, qu’on peut mesurer, transformer … breveter et vendre. C’est un principe ontologique, qui ne se discute pas.

2- le principe réductionniste.

Tout objet est un ensemble, composé de parties matérielles qu’on peut étudier séparément, étant entendu que la connaissance des parties permettra la connaissance du tout. ex: le trajet d’un influx nerveux passe par trois ou quatre neurones qu’on peut observer séparément.

3 – le principe mécaniste (ou déterministe).

Chaque effet a une cause déterminée, et l’ensemble des causes produit la totalité des effets: lorsqu’on connait l’état d’un système à un moment donné, on peut prévoir l’évolution de son état avec le temps. ex: la digestion se produit dans des secteurs différents du tube digestif, à des pH spécifiques, selon des modalités enzymatiques propres à chaque segment.

4 – le principe de la causalité linéaire:

Ce principe découle des précédents: tout processus global est décomposable en une série d’enchaînements linéaires de causes et d’effets qui peuvent être étudiés séparément. ex: toute infection fait produire par les tissus atteints des interférons, qui eux-mêmes stimulent les macrophages, qui eux-mêmes vont attirer les lymphocytes, etc …

5 – le principe rationnaliste.

On ne retiendra comme rationnels (et donc scientifiques) que les faits mesurables, et si possible reproductibles. Ce qui est “seulement” qualitatif et non mesurable est irrationnel, et donc non scientifique. ex: certains polluants semblent avoir une action biologique à doses non mesurables. Comme ce n’est pas mesurable, on en met en doute la réalité.

6 – le principe de la non-contradiction et du tiers exclus ( ce principe majeur sépare bien la physique classique de la physique quantique):

Lorsqu’une affirmation est reconnue exacte, l’affirmation contraire ne peut pas être vraie, et une troisième possibilité entre ces deux affirmations, est également exclue.

Cette méthode s’est avérée très fructueuse, d’une part parce qu’elle permet d’avancer très vite, sur des certitudes vite acquises, quitte à se lancer dans des impasses, d’autre part parce qu’elle profite énormément du hasard (serendipité) au cours des milliers d’expériences maintes fois répétées de par le monde, mais aussi parce qu’elle permet des trouvailles très spécifiques (l’action de telle enzyme, une forme aérodynamique précise) qui seront immédiatement brevetées, exploitées, en permettant ainsi le financement de nouvelles recherches.

Les chercheurs en physique fondamentale ont été les premiers à “caler” en utilisant ces principes.

En particulier dans le domaine électromagnétique (Maxwell annonce la notion impalpable de “champ de force”), puis dans la pensée relativiste d’ Einstein et consorts (Bohr, Heisenberg, Planck etc …) lorsque la masse ne peut plus être définie que par ses rapports à l’énergie, l’espace et le temps, lorsqu’un “grain de lumière” est également une onde rayonnante …

Dès lors, il faut avoir une vue globale, qui intègre à la fois l’univers, et le microcosme où là aussi (et c’est là que les biologistes calent à leur tour) des incongruités viennent abattre les belles certitudes.

A SUIVRE ….

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