Pourquoi ignorer ces champignons qui hantent les tumeurs ?

On trouve très fréquemment des mycéliums fongiques au sein de tumeurs ou dans leur environnement proche. Et ceci n’est pas pris en compte par les protocoles de soins. Comment expliquer cette présence insolite, et quels traitements adaptés pourraient-on envisager, si possible au plus vite ?

mycelium en développement dans une tumeur pulmonaire

La présence fréquente de mycéliums fongiques (champignons) au sein ou à proximité des tumeurs est un phénomène fascinant et encore sous-étudié en oncologie. Plusieurs hypothèses émergentes pour expliquer cette association, et des pistes thérapeutiques innovantes pourraient en découler. Voici une analyse structurée de la question :


1. Pourquoi trouve-t-on des champignons dans ou autour des tumeurs ?

Plusieurs mécanismes, non exclusifs, pourraient expliquer cette cohabitation :

A. Hypothèse du « microbiote tumoral » (oncobiome)

  • Environnement favorable : Les tumeurs créent un microenvironnement immunosupprimé, hypoxique et riche en nutriments (glucose, lactate, acides aminés), idéal pour la croissance fongique. Les champignons (comme Candida , Aspergillus , ou Malassezia ) pourraient y proliférer en profitant de l’affaiblissement des défenses locales.
  • Dysbiose : Une perturbation du microbiote intestinal ou tissulaire (due à la chimiothérapie, aux antibiotiques, ou à l’inflammation chronique) favoriseait la colonisation fongique. Par exemple, Candida albicans est souvent retrouvé dans les tumeurs digestives ou gynécologiques.

B. Rôle actif des champignons dans la tumorigenèse

  • Inflammation chronique : Certains champignons (ex. Aspergillus via l’aflatoxine B1) sont des cancérogènes connus . D’autres pourraient induire une inflammation persistante, favorisant la prolifération cellulaire et l’angiogenèse.
  • Modulation immunitaire : Les champignons peuvent inhiber les lymphocytes T (via des β-glucanes ou des métabolites comme l’acide kojique) ou activer des voies pro-tumorales (ex. voie NF-κB, STAT3). Par exemple, Malassezia dans le cancer du pancréas est associé à une immunosuppression locale.
  • Symbiose métabolique : Les champignons pourraient métaboliser les déchets tumoraux (lactate, acides gras) et fournir des nutriments aux cellules cancéreuses (ex. acides aminés via la dégradation de la kératine par Candida ).

C. Contamination opportuniste post-traitement

  • Les chimiothérapies et radiothérapies affaiblissent le système immunitaire, augmentant ainsi le risque d’infections fongiques invasives (ex. aspergillose, candidose systémique). Ces infections sont souvent observées tardivement, car leurs symptômes (fièvre, fatigue) se confondent avec ceux du cancer.

D. Artefacts ou biais de détection ?

  • Certains champignons pourraient être des contaminants lors des prélèvements (ex. Penicillium en laboratoire), mais leur présence répétée dans des études récentes (ex. métagénomique) suggère une association réelle.
  • Les techniques de séquençage haut débit (ex. 16S/ITS) révèlent une diversité fongique insoupçonnée dans les tumeurs, mais leur rôle causal reste à prouver.

2. Pourquoi cette présence est-elle ignorée par les protocoles ?

Plusieurs raisons expliquent ce “angle mort” en oncologie :

  • Priorité aux bactéries : Le microbiote tumoral est surtout étudié sous l’angle bactérien (ex. Fusobacterium nucleatum dans le cancer colorectal), les champignons étant considérés comme des pathogènes secondaires.
  • Manque de preuves causales : La plupart des études sont observationnelles (corrélation ≠ causalité). Il est difficile de distinguer si les champignons causent la tumeur, profitent de son environnement, ou sont des marqueurs d’un terrain immunodéprimé.
  • Complexité diagnostique : Les infections fongiques sont souvent sous-diagnostiquées (cultures lentes, sérologies peu sensibles). Les techniques de métagénomique ne sont pas encore standardisées en clinique.
  • Résistance aux antifongiques : Les champignons comme Candida auris ou Aspergillus fumigatus ont développé des résistances, rendant les traitements empiriques risqués (toxicité, interactions médicamenteuses).

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3. Quels traitements adaptés pourraient-on envisager ?

Si les champignons jouent un rôle actif dans la progression tumorale, des stratégies ciblant cette interaction pourraient compléter les protocoles actuels. Voici des pistes :

A. Antifongiques en complément des thérapies anticancéreuses

  • Cibler les champignons spécifiques :
    • Candida : Fluconazole, échinocandines (caspofungine) ou amphotéricine B (pour les souches résistantes).
    • Aspergillus : Voriconazole ou isavuconazole.
    • Malassezia : Kétoconazole topique ou itraconazole (en cours d’évaluation pour le cancer du pancréas).
  • Problèmes :
    • Risque d’ interactions médicamenteuses (ex. azolés inhibant le cytochrome P450, interférant avec les chimiothérapies).
    • Résistances : Jusqu’à 30 % des souches de Candida sont résistantes au fluconazole.
    • Effets secondaires : Toxicité rénale (amphotéricine B), hépatique (azolés).

B. Immunothérapie ciblant les champignons

  • Vaccins antifongiques : En développement pour Candida (ex. vaccin NDV-3A) ou Aspergillus (vaccin Pep1p). Pourrait stimuler une réponse immunitaire anti-tumorale via l’ immunité croisée .
  • Anticorps monoclonaux : Ciblant les β-glucanes fongiques (ex. anticorps anti-β-glucane pour Candida ) ou les antigènes de surface (ex. Als3 pour Candida ).
  • Probiotiques antifongiques : Souches de Saccharomyces boulardii ou bactéries productrices de bactériocines (ex. Lactobacillus inhibant Candida ).

C. Modulation du microenvironnement tumoral

  • Inhibiteurs de l’angiogenèse : Les champignons comme Aspergillus stimulent la formation de vaisseaux sanguins (via VEGF). Des anti-VEGF (bévacizumab) pourraient limiter leur croissance.
  • Agents pro-oxydants : Les champignons sont sensibles au stress oxydatif. Des molécules comme le disulfiram (utilisé contre Candida ) ou des dérivés de l’artémisinine (antipaludéens) sont à l’étude.
  • Thérapies métaboliques : Cibler les voies métaboliques partagées entre tumeur et champignons (ex. inhibition de la glycolyse avec le 2-désoxyglucose).

D. Approches combinées et personnalisées

  • Diagnostic moléculaire : Utiliser la métagénomique pour identifier les champignons présents et adapter le traitement (ex. antifongique + immunothérapie).
  • Synergie avec la chimiothérapie : Certains antifongiques (ex. itraconazole) ont des effets anticancéreux directs (inhibition de la voie Hedgehog, anti-angiogénique). Des essais cliniques sont en cours (ex. itraconazole + chimiothérapie dans le cancer du poumon).
  • Phagothérapie fongique : Utiliser des virus fongiques (mycoviruses) ou des bactériophages ciblant les champignons (en développement préclinique).

4. Perspectives et défis

  • Recherche translationnelle : Des études prospectives sont nécessaires pour établir un lien causal entre champignons et cancer (ex. modèles murins gnotobiotiques).
  • Biomarqueurs : Identifiant des marqueurs fongiques dans le sang ou les tumeurs pour un diagnostic précoce (ex. ADN fongique circulant, β-glucanes sériques).
  • Essais cliniques : Évaluer l’efficacité des antifongiques en adjuvant des thérapies anticancéreuses (ex. essai NCT03567726 avec l’itraconazole dans le cancer du pancréas).
  • Prévention : Limiter les facteurs de risque (antibiotiques à large spectre, immunosuppression) pour réduire les infections fongiques chez les patients cancéreux.

Conclusion

La présence de mycéliums fongiques dans les tumeurs n’est certainement pas anodine : elle reflète soit une opportunité pathogène (infection secondaire), soit un mécanisme actif dans la progression tumorale. Ignorer ce phénomène revient à négliger une partie du puzzle oncologique. Les pistes thérapeutiques (antifongiques, immunothérapie, modulation) méritent d’être explorées, au plus vite, même si cela bouscule certains blocages mentaux, même si ces traitements possibles coûteraient moins de deux euros par jour ….

Dans les causes possibles d’une telle “timidité” à soigner des tumeurs inopérables et proliférantes, on avance les dangers à utiliser “en aveugle” des antifongiques en dehors de leur mission thérapeutique autorisée … Mauvaise excuse … Il existe des remèdes dont on connait l’efficience et la non toxicité. Avec en. tête le fenbendazole , utilisé par tonnes pour protéger bovins et ovins des parasites et des champignons …

Cette molécule est bien connue, et plusieurs brevets lui donnent déja le statut d’antitumoraux. Alors pourquoi attendre ?

Publié par

admin1402

Vétérinaire à Toulouse, je gère bénévolement ce blog suite à l'arrêt de parution du journal "paper" Effervesciences" survenue durant la crise covid. Désormais, les infos sont en ligne, gratuietement.