Un cerveau bilobé (ça, on le sait !), avec dans notre évolution d’hominidés des tâches séparées qui se rejoignent pour créer la conscience … Attachez vos ceintures, on démarre …

Cette hypothèse vient d’un chercheur peu connu, Julian James. Dans son livre , il développe une théorie fascinante sur l’origine de la conscience humaine.
James suppose que nos ancêtres n’étaient pas conscients au sens où on l’entend aujourd’hui. Selon lui, les dieux des civilisations anciennes n’étaient pas seulement des entités spiriruelles ou des symboles, mais des voix ou des visions que les gens percevaient littéralement comme des hallucinations auditives et (ou) visuelles.
Ces voix ou présences “divines” étaient en réalité, des “commandes” provenant d’une partie de leur propre cerveau, mais perçues comme venant de l’extérieur.
Il propose que les deux hémisphères cérébraux communiquaient d’une façon particulière: l’hémisphère droit, au lieu de “parler” de manière discrète et constructive comme dans notre esprit moderne, emettait des messages auditifs que l’hémisphère gauche percevait comme des voix. Ces voix étaient alors interprétées par les individus comme des comme des instructions venant de sources surnaturelles ou divines. Ces hallucinations donnaient des ordres dans des moments d’incertitude ou de crise, dictant des décisions à prendre, et comment réagir.
Leur esprit fonctionnait en mode “bicaméral” (deux chambres), avec un hémisphère “commandant” et l’autre hémisphère “exécutant.
Les décisions ou ordres venaient de la partie “commandante” sous forme de voix hallucinées et de visions perçues comme des ordres émanant des esprits et (ou) des dieux.
Selon Jaynes, vers la fin du IIème millénaire avant JC, des bouleversements économiques et sociaux ont mené à l’effondrement de cette structure bicamérale. A mesure que les sociétés se complexifiaient, la conscience réflexive, la capacité à se percevoir comme un individu avec une pensée intérieure se serait développée comme un mode de pensée plus adapté. Il pense que la conscience, telle qu’on la connait aujourd’hui (avec l’introspection et la réflexion personnelle), a émergé en réponse à l’évolution culturelle. Selon lui, les textes anciens (comme l’Odyssée) montrent cette transition, notamment dans la littérature où les personnages passent de comportements dictés par des dieux, à des comportements introspectifs et autonomes.
Il est ici important de noter que ce changement de conscience serait en lien avec l’avènement de l’écriture et du passage de sociètes à culture non écrite, à des cultures textuelles.
Si l’on applique cette théorie aux comportements des chamanes ou plus prosaïquement (et plus scientifiquement) aux effets constatés sur l’usage de substances hallucinogènes, on peut alors supputer qu’au fond de nos neurones, existe encore une bicamérité endormie ou entravée, qui peut retrouver sa force et ses fonctions des temps anciens …
Sources:
Julian James, “La naissance de la conscience dans l’effondrement de l’esprit”. PUF 1994.
Romuald Leterrier et jocelin Morisson, ” “Le secret de la vie”, chez Guy Tredaniel 2026

