Le vieillissement ? Arrêtons de le considérer comme une fatalité, mais plutôt comme un problème à résoudre … Une série de quatre articles pour mieux en comprendre le processus, les différentes phases, et comment on peut le ralentir selon la personne et l’environnement.
troisième article: l’apport des plantes amères auprès des seniors

Les substances amères: elles réveillent vos défenses et restaurent des pans entiers de votre santé.
Les plantes amères, principaux remèdes de nos anciens, ont été écartées par la médecine de pointe et par la phytothérapie “douce”. L’amertume était un repoussoir, synonyme de danger.
Pourtant, les chercheurs du monde entier découvrent chaque jour de nouvelles capacités, de nouvelles fonctions à ces substances oubliées: on a désormais repéré les récepteurs cellulaires qui les reconnaissent, et qui gèrent des fonctions (physiologiques, mais aussi pathologiques) dans tout l’organisme.
Sur un plan scientifique, les “amers” sont souvent à armes égales devant la chimie moléculaire, avec des résultats étonnants, et sans les effets secondaires des produits de synthèse.
Pourquoi et comment la Nature a développé ces substances à priori inutiles, voire dangereuses ?
les amers: un rôle ambivalent d’alerte et de sauvegarde
La Nature nous a gratifiés de milliers de substances végétales qui nous nourrissent et qui nous soignent. Parmi lesquelles les amers ont une place particulière, avec un rôle ambivalent d’alerte et de sauvegarde.
Pour comprendre cette spécificité, il faut remonter de quelques millions d’années, quand les premières algues océaniques devaient, pour survivre, se protéger à la fois des UV solaires , de la sécheresse (selon le va-et-vient des marées), et contre les animaux prédateurs.
Pour se protéger, une première génération de tannins et de polyphénols (amers anti-oxydants) apparaissait, très efficaces puisque ces algues ont survécu jusqu’à nous.
Puis les végétaux, comme les animaux, ont conquis la terre ferme, avec des enjeux de survie toujours plus aigus. En particulier pour les plantes succulentes, visées et décimées par des herbivores gloutons.
D’où l’apparition de nouvelles substances toujours plus efficaces, jusqu’à en être mortelles (alcaloïdes) si consommées par des herbivores toujours plus nombreux. Ces herbivores ont alors appris à éviter ces végétaux, qui ont pu prospérer jusqu’à nous … Ces molécules amères, on les retrouve désormais chez des centaines d’espèces végétales, soit dans leur rôle primordial de sauvegarde chez les plantes sauvages, soit sous forme de reliquat quasiment inutile, voire rebutant, chez les végétaux cultivés.
C’est ainsi que, pour plaire aux consommateurs, des aliments historiquement amers (pamplemousse, épinards, artichauts, cresson, endives, olives, etc…) ont totalement perdu leur amertume, soit par sélection des producteurs, soit par des préparations adéquates. On ne sait plus ce qu’est un légume amer, on découvre l’amertume en croquant des médicaments dont la plupart (tiens donc !) sont extrêmement amers.
Et c’est bien dommage, car les travaux récents, dans le monde entier, mettent en avant une réalité étonnante: dans tout notre corps, donc au delà de nos papilles gustatives de la bouche, nous possédons avec des récepteurs d’amertume, un réseau d’alerte et de régulation (voir schéma plus bas)qui fait réagir nos différents organes, contre inflammations et infections pour le système respiratoire, contre l’hyperglycémie et le diabète pour le système digestif, et bien d’autres actions qu’on découvre peu à peu.
Ce n’est que récemment qu’on a compris que les récepteurs d’amer (T2R) étaient essentiellement dans nos différents organes dévolus à reconnaître des molécules issues du métabolisme des bactéries pathogènes (on les appelle AHL ), et que ces substances bactériennes ont des conformations chimiques très proches des substances amères élaborées par les végétaux.
Nos organismes se sont équipés, on pourrait dire gratuitement, d’un système immunitaire inné, d’action immédiate: On peut résumer, en disant que l’amertume mime une infection bactérienne.
Ainsi les amers ne sont pas des remèdes “anti”, comme les anti-inflammatoires ou les antibiotiques, mais plutôt des régulateurs qui informent notre organisme qu’il dérive, qu’il se met en danger, et qu’il peut réagir et prendre le dessus par ses capacités propres.
Et de fait, pour de très nombreuses pathologies, on peut compter sur un nombre limité des molécules amères, à faire agir bien-sûr avec discernement et en toute sécurité.
Quels sont ces 7 amers sélectionnés pour ces actions précises: la gentiane, le houblon, le quinquina, le thé vert, la reine des prés, le fumeterre et le fenouil. S’y ajoutent en appui un amer minéral, le chlorure de magnésium, et un autre amer ”adoucissant”, la stévia.
Ces 7 amers ne sont pas cités par hasard, ils sont le fruit de 2 ans de recherches personnelles, en tant que vétérinaire en charge de pathologies animales, mais aussi en tant que biologiste « amérologue » avec l’étude de centaines de rapports scientifiques publiés dans le monde entier : ces substances sont considérées comme un appoint tangible à la médecine, voire à une avancée conceptuelle (la découverte de ce « système immunitaire bis » à décortiquer et à enrichir … mais sans jusqu’ici d’applications thérapeutiques …

C’est ainsi que j’ai pris sur moi de vérifier l’action de dizaines de plantes (toutes autorisées en phytothérapie traditionnelle) sur chaque type de récepteur au sein de nos différents organes.
J’ai éliminé les plantes à risque toxique, ou d’action hormonale possible, pour en garder sept, et déposer un brevet accepté par l’INPI (ce domaine des amers médicinaux était totalement libre, j’y ai trouvé ma place…). Au résultat, cette formulation constitue un AMER UNIVERSEL qui permet une action sur 22 des 25 types de récepteurs TAS2R répartis dans tous nos organes. On pourra également choisir un nombre limité d’extraits végétaux selon les récepteurs correspondant à des organes bien définis.
Ci-dessous, un schéma décrivant les différentes localisations de ces récepteurs, au sein des organes du corps.

Nous allons maintenant détailler les actions reconnues de chacune des sept amers que j’ai réunis pour composer l’ »AMER UNIVERSEL » qu’on pourra utiliser de multiples manières…
L’APPORT DES AMERS POUR LES SENIORS
Les amers en synergie proposés combinent plusieurs plantes amères aux propriétés antioxydantes marquées, particulièrement intéressantes pour les seniors en raison de leur rôle dans la lutte contre le stress oxydatif (lié au vieillissement, aux maladies neurodégénératives, cardiovasculaires et métaboliques). Voici une analyse détaillée pour chaque plante, incluant, les molécules clés et leurs intérêts physiologiques/thérapeutiques pour les personnes âgées.
1. Gentiane (Gentiana lutea)
- Antioxydants principaux :
- Gentiopicroside (iridoïde amer, précurseur de l’erythrocentaurine).
- Flavonoïdes (quercétine, kaempférol, isoorientine).
- Acides phénoliques (acide chlorogénique, acide caféique).
- Xanthones (mangiférine, gentisine).
- Intérêts pour les seniors :
- Stimulation digestive (amertume → sécrétion de sucs gastriques et biliaires, utile en cas d’atonie digestive fréquente chez les seniors).
- Neuroprotection : Les xanthones inhibent l’aggrégation de la protéine bêta-amyloïde (liée à Alzheimer).
- Anti-inflammatoire : Réduction des cytokines pro-inflammatoires (IL-6, TNF-α), utiles pour l’arthrose ou les maladies chroniques.
- Antifatigue : Action tonique sur le système nerveux central (via les iridoïdes).
2. Houblon (Humulus lupulus)
- Antioxydants principaux :
- Polyphénols (acides humulones et lupulones, précurseurs des iso-alpha-acides).
- Flavonoïdes (xanthohumol, 8-prénylnaringénine – un phytoœstrogène).
- Proanthocyanidines.
- Intérêts pour les seniors :
- Sommeil et anxiété : Le xanthohumol module les récepteurs GABA (effet sédatif léger).
- Santé osseuse : La 8-prénylnaringénine a une activité œstrogénique (prévention de l’ostéoporose post-ménopausique).
- Neuroprotection : Réduction du stress oxydatif dans les neurones (potentiel contre Parkinson).
- Anticancéreux : Inhibition de la prolifération cellulaire (études sur le cancer du sein/prostate).
3. Thé vert (Camellia sinensis)
- Antioxydants principaux :
- Catéchines (épigallocatéchine gallate EGCG, épicatéchine).
- Flavonols (quercétine, kaempférol).
- Théanine (acide aminé aux effets relaxants).
- Intérêts pour les seniors :
- Maladies neurodégénératives : L’EGCG inhibe la formation de plaques amyloïdes (Alzheimer) et protège les dopaminergiques (Parkinson).
- Métabolisme : Améliore la sensibilité à l’insuline (prévention du diabète de type 2).
- Cardioprotection : Réduction du LDL oxydé et de l’hypertension.
- Anti-arthrosique : Inhibition des métalloprotéinases (dégradation du cartilage).
4. Quinquina (Cinchona spp.) – Écorce
- Antioxydants principaux :
- Alcaloïdes (quinine, cinchonine – moins antioxydants mais intéressants).
- Polyphénols (acide chlorogénique, proanthocyanidines).
- Flavonoïdes (quercétine, rutine).
- Intérêts pour les seniors :
- Circulation sanguine : La quinine (à faible dose) améliore la microcirculation (jambes lourdes, prévention des thromboses).
- Anti-paludéen historique (moins pertinent aujourd’hui, mais activité anti-inflammatoire).
- Tonique cardiaque : Action inotrope positive (à surveiller en cas d’arythmie).
- Antidouleur : Utilisé traditionnellement contre les névralgies.
5. Reine-des-prés (Filipendula ulmaria)
- Antioxydants principaux :
- Salicylates naturels (acide salicylique, spiraeine).
- Flavonoïdes (quercétine, kaempférol, rutine).
- Tanins (ellagitanins).
- Intérêts pour les seniors :
- Anti-inflammatoire naturel : Alternative douce à l’aspirine (moins d’effets secondaires gastriques).
- Antalgique : Utile pour les douleurs articulaires (arthrose) ou les maux de tête.
- Protection cardiovasculaire : Réduction de l’aggrégation plaquettaire (prévention des AVC).
- Diurétique doux : Aide à éliminer les œdèmes (insuffisance veineuse).
6. Stévia (Stevia rebaudiana)
- Antioxydants principaux :
- Diterpènes glycosylés (stévioside, rébaudioside A – pas directement antioxydants mais hypoglycémiants).
- Flavonoïdes (quercétine, apigénine).
- Acides phénoliques (acide caféique, chlorogénique).
- Intérêts pour les seniors :
- Régulation glycémique : Le stévioside réduit la glycémie postprandiale (diabète de type 2).
- Anti-hypertenseur : Effet vasodilatateur (réduction de la pression artérielle).
- Prévention de la carie : Inhibition de Streptococcus mutans.
- Alternative au sucre : Sans calories, utile pour le contrôle du poids.
7. Fumeterre (Fumaria officinalis)
- Antioxydants principaux :
- Alcaloïdes isoquinoléiques (fumarine, protopine).
- Flavonoïdes (quercétine, lutéoline).
- Acides phénoliques (acide fumarique).
- Intérêts pour les seniors :
- Détoxification hépatique : Stimulation des enzymes de phase II (glutathion transférase).
- Cholérétique : Augmente la sécrétion biliaire (utile en cas de stase biliaire).
- Anti-psoriasique: Inhibition de la prolifération kératinocytaire (usage externe aussi).
- Neuroprotection : La protopine a des effets anti-AChE (potentiel contre Alzheimer).
8. Fenouil (Foeniculum vulgare)
- Antioxydants principaux :
- Flavonoïdes (quercétine, kaempférol, rutine).
- Polyacétylènes (falcarinol – anti-inflammatoire).
- Huile essentielle (anéthole, fenchone
- Intérêts pour les seniors :
- Digestif : Réduction des ballonnements et spasmes intestinaux (action carminative).
- Œstrogénique doux : L’anéthole a une activité phytoœstrogénique (soutien ménopausique).
- Antispasmodique : Utile pour les colites ou les toux sèches.
- Protection cognitive : Effet anti-AChE (potentiel contre la démence).


Sous quelles formes utiliser ces plantes amères ?
Pour des seniors, et pour simplement se “charger ” en ces amers ui ont disparu de notre alimentation, le plus simple et d’acheter des plantes sèches correspondant (voir tableau ci dessus) à des besoins physiologiques avérés. Tisanes parfois un peu “rugueuses” au palais, mais qu’on peut “arrondir” avec l’apport de stévia, qui est à la fois une plante amère … et néanmoins édulcorant très efficace …
Ce troisième article prend les devants pour annoncer la parution prochaine d’un quatrième, qui exposera les spécialités amères disponibles, et qui actuellement sont en développement et en phase de déclaratuiion aux autorités sanitaires …
Premier article: le yin, le yang et le vieillissement.
Second article: évolution du microbiote au cours du vieillissement.
